lundi 13 janvier 2020

Beds are burning.



Ce fameux tableau figurait justement à l'exposition "Picasso, période sombre"
Cette exposition s'est tenue le mois dernier au Musée de Grenoble jusqu'au 05 janvier dernier. Espérons que d'autres, plus optimistes vont voir le jour cette année 2020. Un voeu pieux s'il en est.

Les temps sont durs et l’année 2020 commence sur les chapeaux de roue avec plusieurs mauvaises nouvelles qui font penser aux prophéties de Nostradamus, du nom de la fameuse cathédrale qui brûla ce mois d’avril dernier, en plein Paris.

 A peine entrés dans l’année 2020, un nom qui sonne pourtant positif avec le chiffre 2 et le chiffre zéro, deux chiffres ronds qui laissent la porte ouverte à tous les possibles. Deux comme dualité, 0 comme nouveau départ après avoir fait table rase du passé. 
Et si ce temps zéro sonnait le vrai commencement de ce fameux XXIème siècle qui se doit d’être « spirituel ? ».
A peine étions nous sortis du 1 (janvier 2020), que nous entrions dans le 2 avec dès le petit matin, une mauvaise nouvelle. A l’attaque en Irak contre leur ambassade, les américains avaient choisi de répondre par le feu avec l’attaque qui coûta la vie au général iranien Soleimani, véritable héros dans son pays. Dans cette région du monde et dans ce pays toujours sur la brèche, avec lequel il faut savoir composer aimablement, et où tout menace de dégénérer du jour au lendemain, l’opération était quelque peu délicate. Le jour de l’enterrement de ce Général ayant lutté contre l’EI en Irak,  il y a eu 50 morts dans la foule en Iran. Aussi, quelques jours après entendait on sonner le tocsin d’un nouvel accident d’avion touchant cette fois-ci des iraniens allant à Kiev. 
Le crash de l’Ukrainian Airline a fait 176 morts iraniens, ukrainiens canadiens, suédois, britanniques et afghans. L’avion décollait de Téhéran. La crise a été vite désamorcée par la déclaration du président Hassan Rohani, qui  a présenté ses excuses et parlé d’une « erreur ». 
On a évité de peu l’incident grave sur le plan international. Cela est arrivé juste après que les Etats-Unis aient pourtant fait montre de leur volonté de davantage s’intéresser à leurs affaires intérieures plutôt que d’intervenir à l’extérieur.
Et cela, de manière concrète. 
D’abord parce qu’ils ne sont pas fort heureusement, intervenus dans le conflit entre la Turquie et la Syrie, lorsque les premiers ont voulu débarrasser 30 km de territoire limitrophe des kurdes dans le nord-est, 100000 réfugiés et déjà une centaine de morts déjà, le 11 octobre (Midi Libre du même jour).
Un conflit heureusement encadré par la Russie, visiblement, c’est du moins mon interprétation, pour des raisons humanitaires certes toutes relatives étant donné le contexte mais humanitaires quand même. Car sans eux, l’action contre des civils aurait été encore pire.
Tout au plus les Etats-Unis ont ils été violemment critiqués pour avoir effectué un redéploiement de leurs forces, semblant ainsi cautionner voire même protéger ces attaques. Mais cela reste néanmoins partie prenante d’une politique visant à diminuer le coût des OPEX pour ces derniers. Pourquoi ne pas en profiter ?
La deuxième fois, c’est lorsqu’ils ont annoncé le retrait de leur roules d’Afghanistan, un retrait déjà amorcé par Barack Obama quelques années avant.
 Ils semblaient par là, comme nous inviter nous européens, à intervenir à notre tour de manière pacifique afin de combler le vide laissé par leur absence en matière d’aide internationale, à la mise en place de la paix dans un contexte humanitaire toujours. Nous n’avons pas encore parlé de saisir cette chance là, mais la présence et l’organisation talibane doublée d’une volonté sans faille d’imposer leur pouvoir dans ce pays et ailleurs, reste ici une marque indéniable de danger pour le monde comme pour les afghans eux même.
 Et cela, il faut en tenir compte. A l’heure où on parle de monopoliser les forces européennes pour non pas (et c’est encore là mon interprétation), remplacer une organisation internationale comme l’OTAN qui serait devenue désuète, il semble incohérent que nous n’y envoyons pas des forces de toutes nationalités mais européennes, au nom d’un accord entre plusieurs d’entre nous, alors même que nos régions et nos territoires ne sont pas si éloignés que cela, faute de mer nous séparant, et que nous avons déjà payé cher le prix de notre laxisme récurrent en la matière.

Peut-être, les Etats-Unis ont ils voulu nous montrer par là que nous européens pouvons nous aussi  assurer la gouvernance de l’OTAN.
 Après tout, nous devrions cesser de nous conduire comme des enfants attendant que le grand frère américain vienne nous sauver. 
Et après tout l’Otan peut très bien être dirigé aussi, par des Etats coalisés comme le Royaume-Uni, pays anglo-saxon , la France, la Pologne, ou encore la Hongrie et l’Espagne.C’est du moins comme cela que nous voyons se dessiner l’avenir d’un OTAN incontournable, pas pour les ventes d’armes mais pour la Paix (c’est sa vocation première). Cela permettrait d’éviter de diviser les forces en présence et de laisser les Etats-Unis tous seuls dans leur coin, sans empêcher que nous prenions nos responsabilités nous même sur notre continent. On arriverait enfin à ce que beaucoup souhaitent, un OTAN qui devienne une alliance non dirigée par un seul Etat avec des interventions opportunes, dans nos propres intérêts. 
Enfin, cela permettrait de responsabiliser davantage certains Etats d’Europe de l’Est qui ont été un peu trop conciliants avec les talibans et autres fondamentalistes religieux armés jusqu’au dents, prêts à venir chez nous à pied avec les armes que nous leur avons vendues, si il le faut…
La France devrait s'en rendre compte et le prendre peut être en main, pourquoi pas dans le cadre d'un rappel des accords bilatéraux de défense avec le Royaume-Uni ?
Bref, nous sommes en train de rater une opportunité, et si nous continuons à « faire semblant » d’ignorer la main qui nous est ainsi tendue, nous n’aurons pas à nous plaindre qu’une nouvelle vague d’actes d’ingérence quelque peu maladroits ne viennent troubler le contexte international à nouveau de manière concrète, afin de restaurer l’hégémonie américaine. 
Quand on se sent tout seul, ou entouré de lâches, on est toujours un peu trop virulent et nous en avons payé les frais.
Bref, la leçon est dure, surtout pour les familles qui ont été touchées mais nous devons en tirer une leçon qui va nous engager dans une nouvelle ère de responsabilité et de vigilance.
C’est une interprétation un peu utopiste, certes, un peu « naïve » mais qui ouvre néanmoins la porte à une nouvelle conception des relations internationales et des équilibres géopolitiques. Hâtons nous de saisir la chance qui nous est ainsi tendue.

Pour en revenir à la nouvelle année, c’est ce même jour du 1er janvier 2020, que KimI-Jong-Un a annoncé la fin du moratoire sur ses essais nucléaires obtenu par les Etats-Unis par trois sommets depuis juin 2018 , comme si il « sentait » quelque chose venir. 
Pendant ce temps, Taïwan cherche à se faire la malle sous couvert d’élections démocratiques, semblant insensiblement , avec Hong-Kong toute proche, constituer une sorte de « chappe » encerclant le territoire chinois au cas où. Souhaitons que nos diplomates chinois trouvent le moyen de s ‘y « faire des amis » (du titre du fameux livre de Dale Carnegie « Comment se faire des amis ».).

Tous les ingrédients d’une bonne guerre mondiale, devant nos yeux ébahis d’européens aujourd’hui regroupés comme en l’an 14, sont réunis ici à nouveau devant nous. Ne nous laissons pas avoir à cette esbrouffe qui tient de la magie noire. N’oublions pas que par la magie blanche, est encore mieux.
Alors, il vaut peut être mieux écouter mon interprétation naïve et offrir nous aussi aux Etats-Unis une autre alternative que la guerre, peut être que ces derniers changeront d’avis.
Il faut savoir ménager les parties et ne faire qu’un dans l’adversité, 
Dans la course vers la paix dans le monde, on place la France, les Etats-Unis et la Chine, et si l’Iran était la quatrième roue du carrosse ? 

Côté Russie, il y a aussi matière à prévenir les futurs chocs ou heurts qui,blessant les susceptibilités pourrait alimenter encore davantage le risque de conflit mondial.
 A Donetsk  capitale du Donbass pro-ukrainien, ont été donnes par l’Ukraine, 87 prisonniers promesses contre 76 ukrainiens. 
Il y a deux remarques a faire ici.
1. Il est du ressort de la communauté internationale de juger des crimes de guerre et pas de l’Ukraine ni du Donbass lui même. Il n’y a donc pas lieu d’accuser l’échange ainsi fait de diviser encore davantage la partie ukrainienne car ou que soient les responsables ils devraient ressortir d’une juridiction internationale. Pas de question donc qu’ils échappent a la justice. Il pourrait y avoir ainsi  un tribunal spécial révolution de Maidan,
C’est ainsi que l’on doit répondre aux mécontents qui veulent que cet échange soit une tactique pour diviser encore davantage les ukrainiens entre eux opposant les opposants a la révolution et ceux qui redoutent l’impunité.

2. Si le Donbass veut être russophone avant tout, pourquoi ne pas le contenter en faisant de cette région un territoire  binationale (un des instruments du droit international que je propose  dans mon livre « l’Europe de l’Atlantique a l’Oural »).
La question de la gouvernance doit être clarifiée pour Donetsk pourquoi pas un organe indépendant et autonome au sein d’un ensemble russo-ukrainien reconnu comme tel, un « pays interfrontieres » a double nationalité ?
 Dans ce cadre, tout le monde y gagnerait, russes comme ukrainiens, le Donbass restant partie prenante de l’Ukraine mais jouissant d’une double nationalité. 
Ce serait une des premières zones tampon du monde, un de ces territoires tournes vers différentes identités et nationalités. Côté ressources naturelles ou zones geo-politiquement sensibles, les russes et les ukrainiens pourraient envisager un partage des richesses qui profite aux deux pays. Une assemblée régionale consultative et conciliatrice (ARC) pourrait assurer la double gouvernance et prendre des décisions de manière démocratique pour ce qui ressort de son territoire. Les doléances respectives aux deux Etats pourraient par ce biais remonter aux gouvernements ou assemblées respectives.

3. Le Donbass pourrait profiter de cette mésaventure pour demander cette semi-autonomie en échange d’une mise sous surveillance des prisonniers coupables de crimes de guerre pendant la révolution de Madan.. Ils seraient ainsi contentes dans leur singularité. Il faut maintenir le bâton ainsi brandi pour avoir un paradigme de paix, pas d’impunité. Celle-ci semble ainsi régner sur terre actuellement. Ainsi, en tant que citoyens, on est en droit de se demander pourquoi les tribunaux compétents ont brusquement change d’avis et renoncé a attaquer Lafarge pour crime contre l’humanité. 
 Vladimir Zelensky président d’Ukraine veut la Paix et  Vladimir Poutine veut l’arrêt de l’opprobre international, contentons les tous les deux. 
Comme le dit très justement Le Figaro du 30/12/19 : « Tout le monde connait le seul deal acceptable par les deux parties : amnistie générale, autonomie culturelle pour le Donbass, déploiement des garde-frontières ukrainiens. ». C’est bien ce que nous proposons ici.
 Même chose pour la Crimée, il faudrait trouver un compromis équitable pour que les fruits économiques de cette dernière profitent aux deux parties (par exemple un droit de passage russe spécifique avec un accès au port privilégié en échange de sa protection, de son gaz et de certaines implantations d’entreprises.
L’incendie ravageur en Australie qui a supprimé des êtres humains, ainsi qu’une faune et une flore vieux de milliers d’années, sonne, avec celui de nôtre forêt Amazonienne, comme un sombre avertissement. 
Indéniablement, « Beds are Burning » du nom du titre fameux du non moins mythique groupe australien.
Oui, les temps sont durs et le film sorti dernièrement « Notre Dame » de Valérie Donzelli, montre que nous avons besoin de légèreté et d’envol vers de meilleurs sphères, comme cette maquette construite par Maud Crayon, qui s’élève miraculeusement dans les cieux pour finir par échoir juste au bon endroit, là où se prennent de ces grandes décisions qui font de parfaits inconnus, des vedettes éphémères. Nous avons besoin de magie et de rêve.

Nouvelle Alice des temps modernes, Maud Crayon saura faire ses propres choix à la fin du film. Osons espérer que nous allons nous aussi faire les nôtres.
Noura Mebtouche.

dimanche 29 décembre 2019

L’OTAN, la Paix, la non belligérance, la gouvernance partagée.

L’OTAN, la Paix, la non belligérance, la gouvernance partagée.
Par Noura Mebtouche.


Sur fond de relativisme culturel, on reproche aujourd’hui à l’OTAN, en France d'être en état de "mort cérébrale"…C’est négliger deux faits d’importance qui en suscitent un troisième :

1. Pour nous les français, l’OTAN a toujours, surtout depuis le débarquement représenté « le sauveur » cet être envoyé de Dieu, figure d’un messie, qui sauverait nos âmes et nos corps de la fournaise créée par un Dieu courroucé qui nous punirait de ne pas l’avoir écouté (c’est écrit dans la Bible)
.Pour les Etats-Unis, l’OTAN n’est rien d’autre qu’un compagnon loyal de combat qui nous aide à faire dégager l’ennemi de la surface de la planète pour avoir la Paix et la tranquillité… Sorte de héros ou héroïne Marvellien, qui se veut maître de la gouvernance mondiale pour la bonne cause…
Et cet ordre des choses devrait disparaitre au profit d’une force européenne ?
On se doit ici de répondre rapidement non. Mais rapidement tant on été rapides par le passé au cours du XXème siècle les réponses simultanées au combats de par le monde, induisant l’interventionnisme inter-étatique sous couvert de l’OTAN. Ces dernières n’étaient certes, pas toujours opportunes…

- Parce que l’OTAN, si il a ses défauts, répond néanmoins à un besoin de la communauté internationale qui est de se défendre en cas de danger au delà de simples considérations européo-européennes, nous avons besoin d’un sauveur venu, à défaut d’une autre planète, d’Outre-Atlantique. Il ne faut pas oublier non plus que nous avons des Valeurs communes que nous pouvons défendre à travers cette institution.

- Parce que seuls en Europe nous n’arriverions pas à assurer la paix et la sécurité car il nous manquerait un pan important de territoire géographique dont on peut se revendiquer. Or, l’Atlantique est plus proche que nous du Pacifique dont nous ne connaissons rien hormis les quelques rapports annuels venus des territoires d’outre mer concernés. Les Etats-Unis eux, savent et connaissent et ont une longue expérience de visualisation des problématiques et de connaissance du terrain et des personnes. Pour recouvrir un champ suffisamment large permettant de ne pas se faire absorber au sein du grand jeu des puissances internationales et être présents au sein du jeu multidimensionnel actuel, nous devons rester alliés à l’Atlantique et davantage soigner notre Pacifique français qui nous rapproche d’ailleurs des premiers.



2. Pour une raison très simple liée aux moyens, si on veut par ailleurs pratiquer une forme de dissuasion nucléaire vis à vis du reste du monde nous devons nous européens et plus spécialement français qui devons à l’arme nucléaire notre présence depuis 1945 sur le champ international, notamment au G5 (faisons en sorte de ne pas nous la faire piquer par l’Allemagne, c’est ce que semble prévoir le Traité d’Aix la Chapelle, si, si…),nous allier à tout prix à la première force dissuasive hors Russie, soit les Etats-Unis, afin de susciter une coalition coopérative et fraternelle censée dissuader à long terme le reste du monde de se servir ou de se pourvoir de l’arme nucléaire afin de pratiquer lentement la « fonte nucléaire », c’est à dire le démantèlement final. 
Nous invitons le lecteur ici à se fier à notre article « la question iranienne à l'aune de la théorie du démantèlement final », du 16/07/19, celui-là dit tout sur la tournure actuelle que prend les choses sur le plan international. Toute la théorie du démantèlement final, celle d’une nécessaire survie de l’OTAN mais avec une gouvernance davantage partagée entre Europe et Etats-Unis, mais aussi la place que doit y tenir le Moyen-Orient y figure.
Cette gouvernance partagée, les Etats-Unis sont en train de nous la donner en ce moment en s’effaçant quelque peu, à moins qu’ils ne cherchent à essayer pendant un temps, tout en faisant des économies, de nous montrer qu’on ne peut pas se passer d’eux pour revenir en force plus tard. 
Ce papier du 16/07 fait référence à d’autres articles précédemment écrits : « Dissuasions » le 10/12/18, « La France et l’OTAN » le 8/09/2013, « Construire notre coopération-mutualisation à la face du monde : en urgence. » 08/09/2013,  « Défense. Qu'est ce que la coopération-mutualisation ? » (29 avril 2013). 
J’ai également assisté au colloque « DISSUASIONS » de décembre 2019 qui s’est tenu à l’Ecole des Armées à Paris. Il va de soi que nous avons besoin des Etats-Unis dans ce cadre ces derniers furent longtemps nos alliés et n’oublions pas, ce furent les alliés de 1945 sans qui (avec les africains ) nous serions aujourd’hui allemands et tortionnaires, les victimes étant déjà mortes dans les camps.

Donc, nous ne pouvons pas construire en Europe une politique de défense sans les Etats-Unis, tout comme les Etats-Unis ne sauraient faire régner leur doxa, celle d’une mission fixée dès la création du pays (celle d’un monde de Paix et de tolérance) sans nous, du moins pour un temps, avant que l’idée de paix ne se soit étendue.


Nous en arrivons à la troisième assertion : celle qui découle des deux premières, annoncées au début de notre réflexion :

Ces derniers temps, les Etats-Unis ont montré un relatif désintérêt pour les conflits internationaux. Dans une réaction sans précédent depuis Wilson (à l’époque de ce président là en 1919, il était d’un commun accord parmi les diplomates que les Etats-Unis ne devaient pas intervenir à l’étranger, c’est Wilson qui au nom de la Paix dans le monde croyant bien faire a créé cet état d’esprit visant à faire des Etats Unis un arbitre international (voir son plan en quatorze points proposés à la conférence de Paris pour la Paix en 1919). On semblerait revenir aujourd’hui au point de vue précédant Wilson.

 Ainsi, les Etats-Unis ne sont pas intervenus dans le conflit qui a récemment opposé la Turquie et la Syrie, laissant la Russie s’en occuper en jouant le rôle d’arbitre. 
C’est une bonne chose, leur intervention aurait été inopportune et n’aurait fait qu’envenimer les choses.
Ils s’apprêtent après plusieurs années d’errance à quitter définitivement l’Afghanistan. Barack Obama a été critiqué pour avoir en son temps fait partir les effectifs américains de ce pays. 
Aujourd’hui après avoir voulu régler la situation, Donald Trump fait pourtant comme lui : bourbier trop épais avec trop d’enjeux pour que l’on puisse vraiment changer le cours des choses, coût de la présence sur le terrain dans un contexte où justement les Etats-Unis délaissent la vie politique internationale pour se concentrer sur des objectifs de politiques intérieures. 
Ce retrait sonne comme un appel : visant à obliger d’autres, et pas que la Russie, à prendre le relais. 

On sait de toutes façons à quel point l’absence de toute présence occidentale en Afghanistan serait néfaste à la tranquillité dans ce pays et par extension au pays limitrophes, jusqu’à nos territoires de l’Ouest déjà victimes de terrorisme.
Or, voilà justement et le Traité d’Aix la Chapelle ainsi que les derniers pourparlers autour de la défense européenne en parlent : certains parlent en Europe de créer une task-force qui, outre la coopération anti drogue et jihad, pourrait bien elle aussi jouer le rôle d’arbitre dans certaines régions du monde cherchant à protéger les populations contre certains groupuscules ou gouvernants dans des zones de non droit. C’est ce que fait la France, seule, en Afrique sahélienne. Elle a certes eu le tort cependant de trop déléguer aux forces du G5 Sahel créé spécialement pour l’occasion.
 Non que les cinq pays africains concernés ne soient pas dirigés par des africains alertes et intelligents ni conscients de ce qu’il fallait faire,  mais c’était sous-estimer, le poids, dans une zone autrefois sans frontières, des tribus et des ethnies dans la prise de décision. 
Les intérêts ancestraux pèsent souvent beaucoup plus fort que l’intérêts de « Nations » qui n’existent que depuis les années 60 et ont eu du mal à se construire tant bien que mal, sous la gouvernance de l’ONU, du FMI ou de la Banque Mondiale. Cela dit, la France a quand même eu le mérite de s’investir dans une zone avec laquelle elle a noué des liens depuis longtemps et qui la concerne.
En Afghanistan, il serait de bon ton que l’on, rende enfin effective et opérationnelle cette fameuse force européenne dont on nous rebat les oreilles depuis longtemps mais avec des conditions : que la Russie soit aussi présente en partenariat avec nous, à égalité.
 Que au sein des forces armées en présence, ce ne soit pas l’Allemagne qui soit prépondérante et qui assure la gouvernance pleine et entière de facto comme elle l’a fait pour l’Euro. 
Les spécialistes, c’est nous les français…
néanmoins, l’Allemagne a des liens privilégiés avec la Turquie de par un passé commun d’immigration, sans tomber dans la déviance liée à une conception moderne de la notion de Mitteleuropa (l(Allemagne formant un bloc unique au sein de l’Europe du centre comprenant la Turquie, vieux rêve de fou éveillé du début du XXème).
 On peut néanmoins tabler sur ce passé commun pour améliorer la situation au Moyen-Orient, grâce à la diplomatie allemande, mais pas question qu’elle le fasse seule…toujours accompagnée de ses voisins et amis européens, hors de question qu’elle soit seule…
Certes, la Turquie n’est pas l’Afghanistan, mais il y a parfois de grands esprits qui se rejoignent et quand on veut parler d’internationale islamique…
 N’oublions pas que ce sont les frères musulmans qui ont parlé les premiers d’une Fraternité institutionnalisée entre musulmans, en créant leur organisation en Egypte en 1928 à Ismaïlia, et en organisant le Congrès mondial islamique en 1949. 
Et tant qu’ à faire, si on veut qu’un jour l’internationale islamiste rejoigne l’internationale tout court, autant capter et savoir reconnaître les esprits de bonne volonté, aurait certainement dit le franc-maçon Abdelkader (l’émir) si il avait vécu à notre époque. 
Le Lieutenant colonel Massoud (l’Afghan), n’était pas loin d’adopter le même forme de pensée. 
De là un jour à envisager que parmi nos instances importantes en matière de gouvernance mondiale nous puissions avoir au sein du conseil de sécurité  ou bien au sein de l’Union européenne ou bien encore dans un G7 élargi, l’Iran ou la Turquie… il n’y a qu’un pas à faire, pour envisager de pouvoir dialoguer et gouverner en coopération.
 Un beau cadeau donc, que nous ont fait les Etats-Unis en cette veille de nouvel an. 

Ne ratons pas cette opportunité.

mercredi 16 octobre 2019

Brexit et monarchie.



Le Figaro titrait ce lundi 14 octobre 2019 : «  Royaume-Uni : la monarchie branlée par le Brexit ».
Et le journaliste Arnaud de la Grange de raconter les malheurs de la couronne obligée par le protocole à prononcer un discours officiel devant la chambre des Lords pour avaliser les décisions du premier ministre puisque la coutume constitutionnelle veut que cette dernière veut que la Reine valide les demandes du premier ministre.
 Cette fois ci sur le Brexit.
Lorsqu'il a s'agi de le faire pour la suspension du Parlement décidée par Boris Johnson, le journaliste  a raison de dire que cette obligation était cette fois-ci un peu spéciale car elle obligeait la Reine, issue de la même famille que le roi qui avait appelé à lutter contre le nazisme à avaliser une décision d’extrême droite.
De plus, les deux décisions du premier ministre ont obligé la Reine à se mêler de politique.
La coutume constitutionnelle ne prévoit pas de cas de refus de la Couronne pour des raisons éthiques.
 Heureusement, la Cour suprême a statué  en déclarant cette décision « nulle et non avenue », preuve qu’il existe des barrières constitutionnelles aux décisions de l’exécutif.
Le journaliste a ainsi raison de rebondir en disant que c’est une occasion ou jamais de produire une constitution écrite, contre ceux qui menacent la Couronne.
Les principaux traits de cette dernière sont heureusement sauvegardés par la jurisprudence et le corpus de lois. 
Ce genre de cas pourrait y être traité de manière plus approfondie., Le rôle ancestral de la Couronne comme garde fou contre les extrémismes aussi.
Nous pouvons reprendre ainsi à juste titre, la phrase suivante du discours de Gorges VI, du 3 septembre 1939 pour justifier l'entrée en guerre du Royaume-Uni, laquelle fait aujourd’hui partie du patrimoine mondial de l’humanité : citons la à nouveau :

"Nous voici plongés de force dans ce conflit, car nous sommes tenus de nous dresser contre un principe, qui, s'il devait s'imposer, serait fatal à tout ordre civilisé dans le monde. Nous voici plongés de force dans ce conflit".
Un tel principe, dépouillé de ses artifices, est sûrement l’expression de cette doctrine primitive qui veut que la force prime sur le droit.  Au nom de tout ce que nous chérissons, il est inconcevable que nous refusions de relever ce défi. ».

La sortie du Royaume-Uni fait partie à double titre du retour de ce principe, vieux comme le monde, que Georges VI évoque, un principe de guerre, et de non civilisation mais c’est au Parlement de décider.
 En tous les cas, écrire une Constitution dans laquelle le rôle de la Reine ou du roi serait défini, serait une occasion de remettre en question une des dernières monarchies constitutionnelles au nom de la lutte contre l’extrême droite et de l'éthique, puisque la couronne britannique s’en est fait le fer de lance.

(Voir également notre article « God save the Queen » du 24/08/2019 et « rebondir sur le Brexit » du 26/12/2017).) sur ce même blog.
Par Noura Mebtouche.
respublica999.blogspot.com

Et puis il y a l'idée même du Brexit. Isoler la Grande-Bretagne au risque de faire choir sa monnaie et de la rendre dépendante d'autres grandes puissances fait froid dans le dos.  Quelles solutions faire émerger ? D'abord au cas où prendre garde à disposer de stocks de médicaments pour éviter les drames, puis bien sûr, s'assurer en cas du pire, de disposer de liquidités et de moyens de paiement (pourquoi pas les droits de tirage spéciaux auprès des institutions adéquates au cas où la livre sterling ne vaudrait plus rien, alors même que le Royaume-Uni est dépendant de ses importations. Il faudrait dans ce cas l'anticiper bien avant et prévoir des accords avec des réserves.

dimanche 13 octobre 2019

Solution pour la Turquie : un retour au projet Sèvres.

Projet Sèvres.
Par Noura Mebtouche.


"Il devrait être le projet de demain pour la Paix".
En 1923, le Traite de Lausanne couronnait plusieurs années d’effort de la part du Royaume Uni et de la France pour établir définitivement leur place géopolitique au Moyen-Orient après le découpage maladroit et fait dans l’urgence, des accords Sykes-Picot (1916) et remettait gravement en cause le Traité de Sèvres de 1920.
Nous payons actuellement un lourd tribut a ce Traite signé au mépris de la volonté des peuples habitant cette région. 
Il laisse la place a des frontières établies arbitrairement sur des territoires dont l’histoire a été négligée au profit des intérêts a court et moyen terme de quelques Etats. 
Rappelons ici les termes du Traite de Sèvres.
Pour nous, les termes de ce Traité et le découpage qui en a résulté, consistait en une source d’espoir pour les peuples, de voir la région du Moyen-Orient, enfin conforme à un passé qui fut riche, allant vers un avenir propice au développement économique et à la paix.
Plusieurs questions se posent, que les intérêts liés a la présence de pétrole dans la région a éludés et qu’il convient aujourd’hui de mettre en avant.
Le 13 novembre 1974, à l’assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies, devant un parterre rempli de chefs d’Etat et de ministres, Yasser Arafat, portant  son écharpe palestinienne  noire et blanche, déclarait : « Je suis venu, monsieur le président, avec un rameau d’olivier dans une main, et le fusil du combattant dans l’autre main, ne laissez pas tomber le rameau d’olivier de ma main, ne laissez pas tomber le rameau d’olivier de ma main, ne laissez pas tomber le rameau d’olivier de ma main. ».
Ainsi répéta t’il cette phrase là trois fois, comme pour mieux signifier sa pesanteur et la nécessité déjà, à cette époque, de mettre en place des dispositifs et des frontières satisfaisants pour chacun.
Il nous semble qu’il est temps aujourd’hui plus que jamais, de nous souvenir de cette phrase de l’ancien leader palestinien aujourd’hui disparu : à la veille de jours qui pourraient s’avérer noirs si on ne prenait pas les choses à temps, alors même que la Turquie, au lieu d’écouter ce appel légitime des peuples à exister sur leurs territoires historiques s’apprête a attaquer un pays déjà exsangue : la Syrie.
Et cela se fait dans la confusion la plus extrême, sous la houlette occidentale qui n’a cessé depuis 1916, d’être présente dans cette région du monde : on a affaire a deux factions qui s’opposent alors qu’elles devraient s’unir : toutes les deux manipulées : d’un côté une horde de musulmans désaxés portés par un mouvement de foule qui remet en cause les progrès initiés par Atatürk en matière de laïcité et d’évolution sociale. 
De l’autre, des forces en présence kurdes manipulées, tout comme les premières par l’occident, cherchant à s’opposer, se confronter à ceux qui sont pourtant leurs frères au sein des Forces démocratiques syriennes.
La solution est pourtant dans cette reconnaissance de Fraternité qui lie les peuples entre eux lorsqu’ils sont présents sur un même territoire. 
Ainsi, les kurdes font partie intégrante du paysage de cette région du monde. 
On se prend a rêver d’un grand ensemble confédéral kurde, a qui on donnerait la permission et les possibilités d’exister au dela des frontières, en transversal, tandis que en vertical, les Etats continueraient a évoluer et a garder leur souverainetés. 
Car après tout, même si Abdullah Öcalan est en prison depuis longtemps en Turquie, cette dernière reste son pays, tout comme c’est le cas de tous ses frères kurdes de la même nationalité présents sur le même territoire. 
La Turquie a tout à gagner à retrouver le chemin de la démocratie et de la paix, en laissant les kurdes de son pays se mêler aux activités parlementaires, en matière de droits de l’homme et d’indispensable participation de la femme à la vie publique également.
 Recip Tayyep Erdogan, qui s’est rendu récemment en visite en France et a évoqué devant le chef d’Etat français l’éventualité d’une entrée de la Turquie dans l’Union européenne doit certainement l’avoir compris lui aussi. 
Qu’elles doivent être fortes, ces forces contraires, qui derrière les paravents décorés des appareils d’Etat, manipulent a leur gré les dirigeants les plus éclairés, et les obligent à ramper devant les pire ennemis de la démocratie et de la libre expression populaire, au profit de quelques noires croyances ainsi que devant des force occidentales qui fait tout pour les entretenir.
 Ces fausses croyances ne savent pas avoir l’humilité pourtant dite dans les textes, de se confiner a la sphère du privé et de la vie personnelle. 
Pourtant, nous avions, des 1920, les capacités et les moyens de tempérer le mal fait par Sykes-Picot, en tempérant l’arbitraire des frontières par une reconnaissance des spécificités régionales, en tenant compte de la vraie histoire des territoires concernés, et donc en donnant les moyens à cette région du monde de ne pas tomber dans l’obscurantisme.
Reprenons les termes de ce Traité :
Où est l’erreur manifeste  dans ce Traite ?
Peut être la négligence et la nonchalance avec laquelle le Royaume-Uni et la France en habitués des mentalités de nature colonisatrice y ont traité les Etats concernés, ne cherchant pas à analyser plus loin et à mettre à jour l’imminence de l’évolution et de l’éveil des peuples, et dont on peut déplorer que, faute de vision politique à long terme de la part de nos confrères occidentaux surtout désireux de tirer une épingle du jeu des forces en puissance, cet éveil devait se passer de ce socle qu’aurait pu constituer la participation de chacun.
C’est avec la même négligence que le clan occidental, autrefois à la tête d’empires disparus aujourd’hui mais ressentis comme des membres manquants a traité des chefs d’Etat plein de bonne volonté : nous nommerons ici : Nasser, Nehru, Kadhafi, Sankara, Bachar el Assad, pour ne citer qu’eux, ayant soit disparu assassinés soit baissé les bras, faute d’avoir été traites d’égal a égal et avec loyauté, avec leurs confrères occidentaux, pourtant souvent réunis autour des même tables et sur les même tribunes. 
Ou encore empêchés pour le dernier, d’opérer sereinement la reconstruction politique, sociale et économique de leur pays tant est important pour les Etats-Unis et les autres belligérants occidentaux membres de l’OTAN, l’idée de faire partir le personnage issu de l’histoire de son pays, afin d’y mettre a la place, un de ces personnages falots au service d’un impérialisme sans cesse renouvelé.
Si nous parlions de Yasser Arafat tout a l’heure, c’est parce que lui-même et son peuple, ont été traites avec la même négligence et le même cynisme que les autres pays de cet ensemble géopolitique, dans les années 20. 
C’est dommage, parce que si on s’y était pris, nous, occidentaux, avec davantage de respect pour un empire qui a su apporter au monde un peu de ferment civilisationnel tout comme l’empire romain qui lui, a toujours été traité avec respect, on aurait pu laisser les territoires et les peuples être en concordance et en harmonie, moyennant quelques aménagements. 
Dans mon livre « L’Europe de l’Atlantique a l’Oural », je développe les notions de bi ou pluri-nationalite qui permettent a un Etat de rester souverain sur son territoire, tout en laissant les peuples qui y sont citoyens, s’exprimer librement dans la pleine puissance de leur volonté démocratique et populaire.
Aujourd’hui, nous devrions pouvoir reprendre des idées contenues dans le Traite de Sèvres, sans pour autant éveiller en elle, ce sentiment d’humiliation qui a fait que trois ans après, suite a la rébellion de cette dernière, suit un traité de Lausanne quelque peu réducteur en matière de potentiel des peuples a disposer d’eux même. 
Il faut dire qu’a l’époque, dans les années 20, nous n’avions pas des outils juridiques du droit international aussi développés qu’aujourd’hui : à savoir la possibilité de mettre en avant des Etats a plurinationalité ou a binationalité (cas qui s’avérerait par exemple salutaire aujourd’hui pour une Ukraine une et indivisible mais a la fois tournée en partie vers l’Est et en partie vers l’Ouest, par exemple).
Ces solutions là qui pourraient être les instruments du droit international de demain, constituent une alternative satisfaisante au fédéralisme qui lui, ne fonctionne que dans des Etats qui ont une tradition d’Etat non unitaire (cas des Etats-Unis ou de l’Allemagne).
Mais revoyons d’abord les termes du Traite de Sèvres du 10 août 1920 :
Le traité de Sèvres se montre très sévère pour l'empire ottoman :
- il détache de l’Empire ses parties arabophones qui deviennent théoriquement indépendantes, mais passent de la tutelle des Turcs à celle des Européens.
- la Société des Nations octroie à la France un mandat sur la Syrie et le Liban pour conduire progressivement ces nouveaux États à l'indépendance.
- la Grande-Bretagne reçoit quant à elle, un mandat sur les nouveaux États de Palestine, Transjordanie et Irak. L'Arabie devient virtuellement indépendante.
Le traité confirme à l'Italie la possession de l'archipel du Dodécanèse, dont l'île de Rhodes.
- il impose la démilitarisation des détroits qui unissent la mer Égée à la mer Noire, sous la supervision d'une commission internationale.
- plus gravement, le traité de Sèvres offre à la Grèce la côte occidentale de l'Anatolie, y compris la grande ville de Smyrne.
- il prévoit la création d'une Grande Arménie indépendante par le regroupement des territoires arméniens de Russie et de Turquie.
- il prévoit aussi un Kurdistan autonome dans les parties orientales de l'Anatolie. Autant dire qu'il dissout la Turquie historique.
Pour le général Mustafa Kemal et l'ensemble des Turcs, ce traité apparaît insupportable.
La leçon a tirer de l’échec de ces propositions est la suivante : on ne peut pas revenir en arrière, et il ne faut jamais humilier un peuple, autrement il se venge. Et on sait aujourd’hui a quel point ce type de vengeance peut être terrible en se penchant sur le cas d’Israël. N’oublions pas bien sur toutes les guerres et les massacres commis par la Turquie en guise de représailles. Des massacres non encore reconnus et dont on ne peut donc malheureusement pas faire le deuil.
Toutes les guerres produites encore récemment dans cette région du monde (et ailleurs) le prouvent et sont issues de cette erreur là, celles d’avoir mésestimé et méprisé les Nations...
Il ne fallait pas, même sous prétexte de guerre perdue, démanteler l’Empire Ottoman mais bien au contraire semer les graines de la Paix en laissant chacun des peuples en faisant partie, s’exprimer, sans remettre en cause la gouvernance de l’Etat Turc. 
En d’autres termes, il fallait renforcer le pouvoir de l’Etat turc, en mettant en place une nouvelle Constitution au sein de laquelle seraient mis en valeur en même temps que la Nation Turque, l’existence des différentes identités régionales en les nommant, comme on l’a fait pour la Russie, avec la constitution de 1991 et cela dès 1916.
Par ailleurs, tout comme c’est le cas au Liban, pays artificiel issu d’un partage en faveur de la France avec les religions au sein de la Constitution, chaque région autonome, république a l’intérieur de la république ou encore ville importante aurait du être représentée avec équité au Parlement afin, tous ensemble, de créer la Turquie de demain, cela aurait évité bien des guerres, et des bien des références mal appropriées dans la sphère de la gouvernance politique, notamment celle de l’islam sectaire.
La manière dont les occidentaux ont alors traité la Turquie, avec la brutalité dont ils savent faire preuve et dont ils ont fait preuve pendant les périodes de  colonisation a conduit a de nouvelles attaques :
Dans un sursaut d'énergie, et avec l'aide de la Russie communiste, les forces nationales turques écrasent dans un premier temps les Arméniens, ne laissant à ces derniers que le petit territoire de l'Arménie actuelle, au coeur du Caucase.
Vient ensuite le tour des Grecs, forts de cent mille hommes, qui avaient profité de l'effondrement de l'empire ottoman pour envahir l'Anatolie. Avec le titre de généralissime et des pouvoirs dictatoriaux, Moustafa Kémal les arrête sur la Sakarya en août 1921 après une longue bataille de trois semaines. Il complète son succès par une victoire à Doumloupinar le 30 août 1922.
Les troupes grecques refluent vers la mer Égée. Le 11 septembre 1922, elles quittent Smyrne en désordre, entraînant avec elles les populations civiles. L'illustre métropole de la Grèce d'Asie est incendiée à cette occasion.
Le vainqueur signe avec l'ennemi héréditaire un armistice à Moudanya un mois plus tard, le 11 octobre 1922. Ce triomphe inespéré lui vaut de recevoir de l'Assemblée nationale le titre de « Ghazi » (le Victorieux).
Il peut dès lors imposer aux Alliés un nouveau Traite, autrement plus favorable à son pays, et préparer l’avènement de la Turquie moderne.
Le traité reconnaît en premier lieu la légitimité du régime d'Atatürk installé à Ankara. Les Alliés obtiennent la reconnaissance par la république turque des pertes territoriales de l’Empire Ottoman à Chypre, dans le Dodécanese, en Syrie, Palestine, Jordanie, Irak et Arabie, mais en échange, renoncent à demander l'indépendance, voire simplement l'autonomie, du Kurdistan et de l’Arménie, auparavant prévues dans le Traite de Sèvres. 
Au sandjak d’Alexandrette, près, les frontières de la Turquie actuelle sont reconnues : la république turque moderne est donc limitée à l’Anatolie (occidentale et orientale) et la Thrace orientale.
Le traité institue aussi des échanges de populations obligatoires entre la Grèce et la Turquie (1,6 million de Grecs ottomans contre 385 000 musulmans de Grèce : ces échanges forcés ont débuté, « baïonnette dans le dos », avant même la signature du traité en juillet 1923). Dans une moindre mesure, les autres signataires sont également concernés, le régime kémaliste souhaitant « rapatrier » des Turcs de Bulgarie, de Roumanie ou du Dodecanese italien en échange de populations chrétiennes de Turquie (Bulgares de la Thrace turque, Pontiques envoyés en Roumanie, Grecs de Cilicie envoyés à Rhodes). 
Près d'un demi-million de Grecs de Turquie sont morts (pour la plupart dans les camps ou en route) et 400 000 musulmans, en majorité Turcs, ont quitté, eux, la Grèce pour la Turquie. L'échange de population était strictement basé sur l'appartenance religieuse. 
Le traité prévoyait quelques exceptions : Istanbul et les îles de Gokceada (Imbros) et de Bozcaada (Tenedos), où les minorités grecques (300 000 personnes) étaient autorisées à rester, et la Thrace occidentale  où la minorité musulmane (230 000 personnes) était aussi autorisée à rester. 
Mais, dans les décennies suivantes, les discriminations et persécutions déterminèrent aussi ces populations à quitter leurs territoires, de sorte qu'au XXI eme siècle il reste 140 000 musulmans en Grèce et seulement quelques milliers de Grecs en Turquie
À Lausanne, le contrôle des Alliés sur les finances et les forces armées turques est supprimé, ainsi que la zone démilitarisée autour des détroits des Dardanelles et du Bosphore, qui restent cependant ouverts, sans restriction ni contrôle turc, à la navigation maritime internationale. 
Le traité de Lausanne met également fin au régime des Capitulations qui accordait des conditions favorables aux institutions étrangères en Turquie, surtout dans le domaine économique et scolaire.

On voit ici a quel point la maladresse avec laquelle on a traite le problème en 1920, est source d’inconvénients majeurs : le souvenir des déportations, des génocides et des déplacements de population ont laisse des traces. 
Le critère de la nationalité ou bien de la religion est douteux, on sait aujourd’hui a quel point le territoire et l’attachement à ce dernier est important. Et combien il a fait des turcs de Grèce ou d’Arménie des déracinés, ou bien encore des musulmans de Grèce, des gens qui ne se reconnaissent pas du tout dans l’identité turque, pourtant pays majoritairement musulman. 
Il convient de ne pas cataloguer, étiqueter les personnes ni imposer à chaque individu une identité factice alors que cette dernière est par essence pour chacun et pour chacune, multiple.
L’attaque récente de la Turquie contre la zone d’Ifrin en Syrie en témoigne : la paix dans une zone qui est déjà en grande partie détruite par la guerre n’interviendra pas avant que les peuples de cette zone s’entendent à la fois contre les reliquats de Da Esh qui existent toujours et continuent à s’organiser notamment au Pakistan et en Afghanistan mais également dans toute la zone Moyen-Orientale, en passant par l’Europe de l’Est et le Caucase, préparant leur oeuvre de destruction, et largement soutenue en sous-main, par les pays occidentaux, afin de conserver la main mise sur la région.
Ce n’est qu’en s’unissant dans l’adversité et en retrouvant le vrai sens de leur territoire et de son organisation, que les différents peuples qui évoluent sur ce territoire peuvent arriver à lutter contre leurs ennemis terribles eux aussi soutenus par l’Occident afin de jeter le trouble dans cette région riche en pétrole.
Rappelons le : Le Liban, la Syrie et la Palestine sont issus de découpages arbitraires effectués rapidement comme après chaque guerre de décolonisation. Le coeur du problème dans ces trois pays victimes de l’hégémonie occidentale réside donc dans une remise en cause de ce dernier qui n’a pas su, certainement, délibérément traiter le problème par le fond et contenter chacun.

 Le Traite de Sèvres comprenait des clauses importantes, il faudrait aujourd’hui en tenir compte. 
Non pas dans une perspective visant à remettre en cause les frontières préexistantes mais dans celui de laisser les peuples et les territoires être enfin en harmonie, en se servant des nouveaux outils que pourrait nous proposer des instruments du droit international nouveau que sont notamment la question des "pays" dans les Etats, et celle des Etats a bi ou plurinationalité.
Bien entendu, le problème passe par la Turquie qui se sent menacée dans son intégrité territoriale par la question kurde.
La question d’un Kurdistan reflétait pourtant, lors de élaboration du Traité de Sèvres, une possibilité d'autonomie relative pour un peuple présent depuis toujours et cherchant à exister.
Bien entendu, il est trop tard pour rêver à un Kurdistan autonome au delà des frontières, mais les régionalistes kurdes présents sur les quatre pays que sont la Syrie, la Turquie, l’Iran et l’Irak peuvent néanmoins mettre en avant ce qui les rapproche, au sein d’un ensemble géographique qui aurait une double dimension à la fois transversale et verticale.
Verticale pour chaque Etat dont il est hors de question de remettre en cause la souveraineté et le rôle pacifique et fédérateur face a un occident ravageur.
 Horizontale pour les peuples qui souhaitent mettre en avant leurs différences et leurs spécificités.
Cela éviterait bien des guerres.
Ainsi, en Turquie, beaucoup de Kurdes se reconnaissent aussi comme turcs et leur présence dans la vie politique nationale, pacifique et sereine, pourrait constituer un plus pour la démocratie et l’entente entre les peuples.
 Il en va de même en ce qui concerne l’Irak ou on le sait, une réconciliation nationale est a attendre. 
La Syrie elle même, a tout à attendre, dans sa perspective de reconstruction pacifique, de la présence d’une région kurde, le développement de son économie territoriale qui pourrait être favorisée par le maintien d’un politique qui connait bien son pays comme  Bachar El Assad, au sommet de l’Etat, est susceptible d’être positif pour le pays afin d’obtenir une stabilité politique.
Dans son film, « Notre terrible pays » (2014) projete lors des rencontres d’’Averroes 2017, le réalisateur Mohamed Ali Atassi (OUR TERRIBLE COUNTRY de Mohammad  Ali ATASSI et Ziad HOMSI (SYRIE) https://www.youtube.com/watch?v=QJM1gCUNUJI), ne dit pas autre chose, lorsque il montre au plus profond de l’horreur, les quelques pousses d’un jardin improvisé situé juste à côté d’un mouroir, où l’on amène a longueur de journée des blessés ou des morts.
L’expérience de l’autogestion et de la démocratie directe dont ont su faire preuve les kurdes dans leur évolution, ne peut qu’être profitable dans des Etats ou les factions et tribus se déchirent depuis des millénaires.
A condition qu'elle se fasse sous l’égide bien sûr, de dirigeants honnêtes et loyaux ne se servant pas de l’usage illégitime de la violence, et sachant bien s’entourer, afin de ne pas avoir à succomber aux offres souvent mielleuses faites par les investisseurs étrangers derrière lesquels se cache encore une fois et toujours, l’attrait pour l’impérialisme.

Rappelons le encore une fois, nous pourrions procéder en utilisant ces nouveaux outils du droit international que nous proposons ici : ces derniers auraient le mérite d’apaiser les esprits insatisfaits par les découpages en Etats-Nations qui, je le rappelle, ne sont pas à remettre en cause, mais à concilier avec cette irremplaçable vision transversale des chose qui est l’apanage de notre XXIeme siècle, siècle de civilisation, de spiritualité et de Fraternité, du moins faut-il y croire...
Or, le kurde d’Irak est frère avec son voisin irakien, tout comme celui de Syrie ou de Turquie ou d’Iran, l’est avec ses voisins syriens, turcs ou iraniens.
Le kabyle ou le mozabite d’Algérie est frère avec ses voisins algériens, occupant un territoire national commun, tout comme chaque peuple de Russie est frère avec ses autres voisins russes quelle que soit leur religion ou leur culture.
Voici donc nos outils :

Binationalité. Fait pour un Etat de se référer à deux nationalités, donc deux langues officielles, deux cultures différentes : cas de l’Ukraine par exemple. Il y’a ici à la fois référence à la Nation Russe forte dans l’histoire de ce pays mais aussi à ses liens avec l’Europe. 
On peut imaginer un mécanisme institutionnel qui permette à la fois de reconnaitre les deux appartenances au sein d’une même constitution, de même que l’Etat en question peut dans une logique de coopération mondiale et non plus d’opposition, faire partie de deux Unions à la fois . (Ainsi l’Ukraine pourrait a la fois faire partie de l’union Européenne et de l’union Eurasiatique)
C’est la bisupranationalité. 
Via un mécanisme institutionnel adéquat, la constitution peut prévoir des régimes différents pour chaque région ou groupements régional, tout en mettant en valeur en premier plan, un tronc commun. Ce dernier porte notamment sur les droits fondamentaux et l’organisation des pouvoirs publics.
Via les comités consultatifs la constitution reconnait à l’ensemble des peuples le droit de s’autodéterminer en ce qui concerne les affaires propres à leur région du plus petit niveau de gouvernance au plus grand.
Bien loin de diviser les populations d’un même Etat entre elles, la binationalité permet de mettre en oeuvre le principe de Fraternité qui est un principe universel. Cependant, on ne doit pas se restreindre à deux identités et les constitutions doivent être ouvertes à la pluri-culturalité et au plurilinguisme (langues régionales) ainsi qu’à l’ouverture internationale.
 Cela, la Constitution doit le prévoir aussi. 
Caractère multinational de l’Etat en question dont une région appartient, en même temps aussi a une confédération kurde en transversal, qui est reconnue et prend certaines décisions en ce qui la concerne seule, en se référant aux différents Etats auxquels elle appartient en vertical et dont elle participe a la gouvernance en émettant des propositions à ces derniers.
Représentation des élus de cette confédération aux parlements des Etats sur lesquels elle est citoyenne, en fonction du territoire où se trouve chaque élu.

La notion de bisupranationalité ouvre à la coopération également, des accords peuvent se faire entre deux Unions (exemple Union européenne et eurasiatique), on voit bien ici à quel point ce dispositif peut-être face de paix.
En ce qui concerne la vocation de certains territoires à faire sécession, la possibilité de mettre en place des « Pays » avec des assemblées régionales conciliatrices, coopératives, consultatives, soutenus par des Villes phares (l’après Métropole) et les chartes de Pays qui y correspondent, permettent de jouer le jeu des nationalités et des cultures qui au cours de l’histoire ont subi le déphasage entre leur identité, leur histoire et le découpage des frontières issus des accords d’après-guerre.
Il n'y a donc plus lieu de se désolidariser de la Nation.
Par ailleurs, le fondement de l’Etat ne devient pas non plus la nationalité mettant un terme à la définition erronée de Nation qui confond l’Etat et l’identité culturelle voire ethnique des habitants. L’occasion de redéfinir ce terme de Nation comme porteur de projet collectif et non plus d’appartenance à un même groupe culturel, linguistique ou fondant son identité sur la ressemblance.
L’Etat devient non plus la seule référence d’un groupement d’individus ayant vocation à faire la guerre pour s’agrandir par ses frontières ou son économie , mais juste un instrument institutionnel, juridique et capable de mutualiser des moyens. (fonctions régaliennes et constitution).
Qu’il soit une fédération ou un Etat unitaire, chaque Etat est ainsi porté à la fois par sa population (comités, associations) mais également par les alliances diverses et variées qu’il entretient via les ARCS et les pays munis de leur charte avec les Unions dont il fait partie ou pas. Cette bisupranationalité peu être informelle, et ne résulter que d’accords entre les parties (ARCS). Elle peut à terme être inclue dans les constitutions.
Un exemple de « pays «  binational : la Rhénanie. Ici on reconnait la binationalité non pas d'U Etat tout entier comme ce pourrait être le cas pour l'Ukraine, mais celui d'une région nommée "pays". 
Voici un exemple de mesures de nature constitutionnelle dont pourrait s’inspirer un Etat Nation souverain pour concilier sur son territoire la coexistence entre peuples autonomes, en oubliant pas que le fait culturel ou artistique est le facteur numéro 1 de la Paix et du développement :
-Des villes phares.
Il est nommé un peu partout sur le territoire de l'Etat, des "Villes Phares" qui correspondent à des critères précis tendant tous vers une perspective européenne.
Les critères sont les suivants.
-Participer au rayonnement culturel du territoire sur lequel elles ont de l'influence.
-Etre exemplaires dans l'échelonnement et la régulation harmonieuse des rapports entre communes, communautés de commune ou d'agglomération et région, dans un respect total du choix des habitants.
-Respecter les règles de la décentralisation perfectionnée et de la décentralisation démocratique. En respectant l'histoire de la constitution de chaque commune d'une part, en respectant le jeu de la démocratie directe avec une gestion efficace des procédures de concertation, des comités populaires, des campagnes d'information lors des élections.
-Respecter les règles élémentaires en matière d'environnement et de paysage définies notamment par le droit international et les droits nationaux.
-Montrer un caractère innovant et particulièrement marqué dans le respect de pratiques de mixité sociale.
-Faire preuve d'originalité architecturale notamment en favorisant une participation accrue des jeunes architectes et en multipliant les concours chez les étudiants.
-Favoriser au sein de la ville et de la communauté d'agglomération la formation d’une vie économique dans un rapport d'égalité naturel.
Les Villes phares sont habilitées à organiser leurs relations suivies et construites avec leurs territoires voisins, notamment avec d'autres villes phares, ou qui pourraient le devenir, que celles-ci soient françaises ou non. 
 Les villes phares travaillent  en coopération avec les associations nationales ou étrangères dont l’intervention est autorisée par l’Etat selon les normes du droit international dont s’inspirent les droits nationaux. Ainsi se constitue t'il des réseaux interassociatifs, lesquels couvrent les divers champs concernés par le développement des "Pays" Les liens transversaux entre frontières sont encouragés. Ils constituent le tissu du "Pays ».

-Des « Pays » a l’intérieur des Etats-Nations.
Les regroupements par villes phares au sein du territoire d’un pays, ou, hors frontières, au sein du territoire transnational comme le Kurdistan, sont en harmonie avec l'existence de "pays" historiques. 
Il se font naturellement, à l'initiative des citoyens et des réseaux d'alliances qui se sont formés au cours de l'histoire. 
Chaque pays correspond à une histoire et à un patrimoine. Cette histoire et ce patrimoine doivent faire l'objet d'une mise en valeur cohérente avec les Etats et au sein des pays eux même.
Les pays peuvent marquer leur identité s'ils le désirent par des Constitutions dites "Chartes de pays" qui leur donnent des compétences en dehors du champ de compétence des collectivités territoriales d'une part, de l'Etat d'autre part, définis par la Constitution française et par les lois de décentralisation. 

Si le pays n’a pas choisi la fédération comme forme d’organisation de l’Etat, l’existence de Constitutions de Pays ne remet pas en cause le découpage de l’Etat souverain a l’intérieur duquel elle est comprise. Les Pays, leurs territoires géographiques, leurs villes phares, leurs champs de compétences, se "superposent" aux territoires définis par la décentralisation et la déconcentration. Elle renforce les liens avec l'Etat voisin qui est concerné aussi et dont une partie du territoire est constituée d'une partie du "pays" en question.
Il est mis ainsi en place la notion de  "Pays ».
Chaque pays correspond à des critères bien précis qui se fondent notamment sur la notion de civilisation. Les critères sont : la langue, le patrimoine, l'histoire, la culture, les pratiques économiques et sociales. 

Des assemblées régionales ou territoriales consultatives comme organe de gouvernance et d’expression populaire transversal.
Il est mis progressivement en place des assemblées régionales conciliatrices et consultatives, coopératives, communicatives.  (Les ARC Assemblées régionales consultatives, coopératrices, conciliatrices, coordinatrices). Ces ARC ont pour objectif d'entériner les constitutions de "Pays", elles ont la fonction d'organes de délibération, donnent leurs avis au Etats souverains d'une part, aux institutions supranationales si elles existent d'autre part, sur tout ou partie des décisions les concernant  et peuvent également émettre des doléances et des propositions provenant soit d'elles même en tant qu'assemblées délibératrices, soit des citoyens vivant sur le territoire en faveur desquels sont organisées des procédures de concertation et de recueil des doléances après débat. Ces derniers peuvent porter le nom de comités consultatifs ou populaires comme le mentionne par exemple, le livre vert de Mouammar Kadhafi.
Les assemblées délibératrices sont formés d'élus locaux et de citoyens vivant sur le territoire du pays concerné sur la base du volontariat.
Les organes politiques de l'Etat , des collectivités territoriales ainsi que, le cas échéant, des Unions supranationales, peuvent consulter les ARC.
Une politique d'harmonisation des lignes ferroviaires  avec celles des pays limitrophes est favorisée, elle est dévolue a l’Etat.
Il peut aussi y avoir des Etats à plurinationalité.


Ainsi, avec ces nouveaux outils, ne peut-on pas, dans cette région d’importance historique, envisager d’échec possible en matière de démocratie et de coopération entre les peuples. 
La Turquie dont le chef d’Etat est venu récemment en France, et a évoqué à cet effet, l’éventualité d’une entrée de cette dernière, dans L’Union Européenne peut y voir une porte de sortie possible si à terme, les peuples et les constitutions d’alliance géographiques interfrontieres de type « Pays », organisées sur le mode de la confédération démocratique pour ce qui concerne les affaires relatives au développement de leurs territoires peuvent être la porte de sortie qui permettrait a terme ce rapprochement nécessaire de se faire.
Rappelons que ce mode d’organisation est propre au bassin méditerranéen, il est le fruit toujours d’actualité des modes de gouvernance ancestraux des tribus entre lesquelles se sont développés au fil du temps des processus d’accord et d’entente ainsi que de règlements pacifiques des conflits, c’est ce que nous devons retrouver en laissant de côté la question du conflit religieux car ce dernier, conformément aux principes mis en avant par Mustapha Kemal n’est pas autre chose qu’un outil de manipulation des factions occidentales visant à semer le trouble à leur profit.
Pourquoi ces points communs dans l’élaboration de théories de mise en place démocratique, nous voulons dire l’attrait pour la démocratie locale et les comités  populaires se regroupant en confédération ?
  Parce que cela est propre a l’organisation tribale qui se heurte aujourd’hui dans ses vieilles résurgences, aux Etats-Nations, tels qu’ils ont été mis en place au cours du XXeme siècle, de manière renforcée. 
Loin de les neutraliser, il faut les concilier avec un savant dosage que nous préconisons entre transversal et vertical. Dimension territoriale et interétatique s’accordant avec le local.
 Pour des relations inter-étatiques saines et fraternelles.

Voici notre conclusion :
Le droit international est amené à évoluer et à permettre aux minorités qui expriment aujourd'hui leur droit à la reconnaissance et à l'autonomie, de s'exprimer voire de s'auto-gouverner. Le XXème siècle a été le siècle des Etats unitaires, le XXI ème sera celui de l'ouverture de ces derniers à une juxtaposition de légitimités issues du droit du sol (comme le veut le droit français) adjacentes et complémentaires. Ainsi, par exemple, le vieux rêve d'une "Europe de l'Atlantique à l'Oural" du Général de Gaulle peut être possible à condition que cette vision transversale des modes de gouvernance soit prise en compte dans une conception de l'Europe nouvelle, celle des cultures et de l'humanisme.
Celui d’un Moyen-Orient conciliant les intérêts des peuples et ceux de la Turquie, de la Syrie, de la Palestine et du Liban pour ne citer qu’eux, aussi.
Il convient ainsi de passer en revue à la lumière de cette compatibilité entre Etats-Nations et entités transversales toutes les problématiques liées aux revendications du droit des peuples à disposer d'eux même, en en excluant aucun aspect, quelle que soit la minorité concernée. Chacune possède les clés d'une nouvelle entente pacifique, pour une politique civilisationnelle.
Beaucoup d'Etats sont concernés par cette exigence coopérative (ce n'est pas réservé à la France) : l'Allemagne et la France pour la Rhénanie, la France et l'Italie pour la Corse, l'Afrique toute entière, le Moyen-Orient, et bien sûr, la zone commune à l'Europe occidentale et l'Eurasie, là bas, à l'Est. Pour la Paix...
N'oublions pas la question israëlo-palestinienne, qui ne saurait passer à côté de l'opportunité d'un statut d'Etat binational, et d'une ville de Jérusalem, ayant le statut unique et nouveau, de ville internationale à caractère de patrimoine religieux.


La région où se trouvent la Turquie, les Kurdes, la Syrie, l’Iran et l’Irak n’échappe pas à cette règle.